Archives pour la catégorie Actualité

Le 27 juin : Assemblée Générale d’Alec-SIC !

Le mardi 27 juin aura lieu le dernier séminaire de l’année, de 16h à 18h en salle G123.
Pour cette occasion Camille Bernetière et Thomas Bihay nous parleront des webséries territoriales et commerciales.
Suite au séminaire se tiendra de 18h à 19h l’ASSEMBLEE GÉNÉRALE de 2017.
Au cours de cette session nous élirons le CA de l’année à venir (vous avez jusqu’au 20 juin pour soumettre votre candidature).
Comme nos cerveaux auront carburé, nous ne pouvons pas vous laissez repartir sans que vous soyez requinqués. Nous vous proposons donc de migrer afin de trouver de l’énergie dans des verres et des tapas.
Merci de bien vouloir nous confirmer votre présence afin d’effectuer la réservation !

Les Doctorales de la Sfsic : c’est déjà fini !

Voilà, après 3 journées assez intenses, les Doctorales de la Sfsic ont pris fin cet après-midi, vendredi 16 juin 2017.
Nous tenions à remercier :
– l’ensemble des participants qui ont bien voulu se prêter à l’exercice 3 Minutes – 1 Thèse. Un moment de médiation scientifique spectaculaire et des prestations de très haute qualité !
– les intervenants de la table-ronde portant sur la professionnalisation des docteurs en SIC :
Thomas Kreczanik, qui a proposé un retour d’expériences sur l’après-thèse et la démarche de recherche d’emploi, puis l’intégration sur le marché privé ;
Jean Mochon et Patrick Escoffier, qui ont proposé un regard professionnel sur l’intégration des doctorants et docteurs en entreprise ;
Marianne Alex, qui a proposé un état des lieux des inégalités genrées au sein de l’Université et de l’entreprise.
Merci également à Sylvie Parrini-Alemanno d’avoir accepté de co-animer cette table ronde.
Enfin, Alec-SIC souhaite remercier le laboratoire Elico, l’EPIC et la Sfsic pour leur soutien dans l’organisation de ces événements.

Les Doctorales de la SFSIC : c’est parti !

Aujourd’hui débutent les Doctorales de la SFSIC 2017 !

Celles-ci se déroulent du 14 au 16 juin 2017, à l’Enssib. Elles sont organisées en partenariat avec le laboratoire Elico, et Alec-SIC a prêté main forte pour l’événement !

Retrouvez-nous :

  • Ce soir, à 17h15 dans l’amphithéâtre de l’Enssib pour 3 Minutes : 1 Thèse !
    9 doctorants présenteront leur thèse en 3 minutes et 1 diapo.
  • La soirée se poursuit par un apéritif dinatoire au foyer de l’Enssib, organisé par nos soins ! Un moment de rencontre convivial pour maximiser les temps d’échange entre doctorants.
  • Vendredi, à 14h dans l’amphithéâtre de l’Enssib pour une table ronde : Professionnalisation du doctorat en SIC
    Thomas Kreczanik, Marianne Alex, Jean Mochon et Patrick Escoffier viendront partager leurs expériences.

Retrouvez le programme complet ici !

Save the date : AG le 27 juin 2017

Le mardi 27 juin aura lieu le dernier séminaire de l’année, de 16h à 18h en salle G123.

Pour cette occasion Camille Bernetière et Thomas Bihay nous parleront des webséries territoriales et commerciales.

Suite au séminaire se tiendra de 18h à 19h l’Assemblée Générale de 2017. Au cours de cette session nous élirons le bureau pour l’année à venir.

Celles et ceux souhaitant se présenter sont priés d’envoyer un mail à l’ensemble des adhérents indiquant le poste auquel ils postulent, leurs motivations pour ce poste ainsi que leurs perceptions d’avenir pour Alec-SIC.

Vous avez jusqu’au 20 juin pour soumettre votre candidature.

Comme nos cerveaux auront carburé, nous ne pouvons pas vous laissez repartir sans que vous soyez requinqués. Nous vous proposons donc de migrer afin de trouver de l’énergie dans des verres et des tapas.
Merci de nous confirmer votre présence afin d’effectuer la réservation !

« La BD en questions », ce 6 juin 2017


Alec-SIC
est partenaire de la prochaine séance du séminaire « La bande dessinée en questions » de Pascal Robert (PU, Enssib), qui aura lieu le 6 juin 2017, de 16h à 18h30 à l’Enssib (salle 103). Cette année, le séminaire propose une réflexion sur le rôle de la bande dessinée dans la médiation scientifique.

S’inscrivant dans la filiation de cette thématique, la séance est consacrée à Yasmine Bouagga (Directrice de la collection Sociorama, chez Casterman et sociologue au Cnrs)  et Tiphaine Rivière (auteure de « Carnets de thèse ») qui viendront parler de leurs expériences.

Alec-SIC, partenaire des Journées Doctorales 2017 de la Sfsic

Le programme des Journées Doctorales 2017 de la Sfsic est désormais accessible en ligne. Cette 12ième édition se tiendra du 14 au 16 juin 2017 à Lyon. Le laboratoire d’accueil est celui d’Elico (EA 4147), qui fait partie des membres institutionnels de la Sfsic, et ces journées seront hébergées par l’ENSSIB (Villeurbanne).

Alec-SIC est également de la partie. En effet, l’Association lyonnaise des étudiants chercheurs en Sciences de l’Information et de la Communication est partenaire des Doctorales 2017 et y est, de ce fait, investie à plus d’un titre dans l’organisation de :

  • une séance plénière intitulée « 3 Minutes, 1 Thèse », co-animée par Julia Bonaccorsi (PU, Elico), Valérie Croissant (MCF, Elico) et Boris Raoult (Secrétaire Adjoint d’Alec-SIC, Elico), qui aura pour objectif de familiariser les doctorant.e.s en SIC au concours « Ma Thèse en 180 secondes ». La séance aura lieu le 14 juin, de 17h15 à 18h15 ;
  • un apéritif convivial, qui aura lieu à la suite de « 3 Minutes, 1 Thèse », le 14 juin, de 18h30 à 20h ;
  • une table-ronde sur le thème de la professionnalisation du doctorat en SIC, qui sera animée par Sylvie Parrini-Alemanno (PU, CNAM, Paris) et Camille Bernetière (docteure, trésorière Alec-SIC). Elle se déroulera le 16 juin, de 14h à 16h.

Outre ces séances, plusieurs membres de l’association ont rejoint le comité d’organisation des Journées Doctorales et contribueront à leur bon déroulement. De même, certain.e.s d’entre eux/elles présenteront une communication ou un poster :

  • Thomas Bihay (Secrétaire, Elico) proposera une communication intitulée « l’idéologie créative au service de la communication territoriale locale ». Lors de celle-ci, il se penchera sur les discours territorialisant exportés à différentes échelles territoriales (locale, nationale et globale) afin de diffuser une représentation « créative » du territoire local. Pour ce faire, sa communication se focalisera sur le cas du territoire de la Métropole de Lyon et, plus précisément, trois dispositifs de communication hétérogènes.
  • Marie Hamid (Présidente, Elico), dans son poster sur la « mise en scène et en discours des minorités culturelles », part du constat qu’une pluralité d’acteurs sociaux œuvrent à la mise en représentation de ces cultures selon des valorisations culturelles différenciées qui procèdent souvent de la quête d’un faire-authentique. Elle fait l’hypothèse que cet « effet d’authenticité » répond à un type idéal de représentation ou de médiation de la culture opératoire.
  • Camila Lima De Braga (membre, Elico) présentera un poster intitulé « territoires et identités politiques ». Dans celui-ci, elle cherchera à comprendre comment les routines interprétatives des médias engendrent certains cadrages des mouvements sociaux, notamment dans la rubrique International, et comment les médias construisent l’identité des mouvements sociaux français depuis le Brésil et brésiliens depuis la France.
  • Oriane Piquer-Louis (Vice-Présidente, Elico) communiquera sur le thème de la « documentation photographique ordinaire de l’espace urbain sur les réseaux sociaux ». Sa communication portera sur le cas particulier de la Fête des Lumières, qui se déroule chaque année à Lyon.
  • Boris Raoult (Secrétaire Adjoint, Elico), outre le fait d’animer « 3 Minutes, 1 Thèse », se pliera lui aussi à l’exercice avec une présentation sur le thème de « la vision politique des entreprises du domaine des TIC issues de la Silicon Valley ». Sa communication se concentrera sur la façon dont ces entreprises investissent dans des domaines qui renvoient à l’idéologie et à l’utopie posthumaniste, tels que l’intelligence artificielle, l’allongement de la durée de vie ou encore la robotique.

Nous espérons vous y voir nombreus.es !

30 mars 2017 – séminaire « La narratologie »

A l’occasion du prochain séminaire de l’association,

Constance nous parlera d’un élément de sa thèse : elle réalise une étude du poids des discours religieux chrétiens dans le traitement médiatique du VIH en France entre 1983 et 1985. L’étude s’appuie sur deux hypothèses : une perméabilité des discours français aux discours américains, et plus particulièrement aux discours des évangélistes d’une part, et d’autre part une éventuelle continuité entre les discours religieux présents dans les médias français sur l’homosexualité depuis les mouvements de libération homosexuels post-68 et les discours médiatiques sur le VIH au début des années 80.

Marie nous proposera ensuite une réflexion sur les effets de stratification du territoire produits par sa mise en récit. En partant du constat que le territoire est mis en représentation de diverses manières, elle s’interroge sur les effets de sens que produit l’imbrication des espaces sociaux ouverts par les mises en récit sur les acteurs du territoire. A la suite du séminaire, nous organisons une réunion.

A la suite du séminaire, nous organisons une réunion portant sur l’avenir de l’association et ses nouveaux projets. Venez avec vos idées !

Rendez-vous en G112 de 15h à 17h le 30 mars 2017 !

Informez-nous de votre participation !

Colloque – Images plurielles de la ville (XIXe-XXIe siècles) par IMAGO

Le colloque Images plurielles de la ville, XIXe -XXIe  siècles est une initiative du projet junior IMAGO – Image(s) de la ville, soutenu par l’Université Jean Moulin Lyon 3. Les communications du colloque s’interrogent sur la diversité des images de la ville : les images matérielles et visuelles (photographies, dessins, peintures, estampes, plans…), mais aussi  l’image  de  marque  et  promotionnelle  (marketing  territorial,  tourisme)  et  les  images mentales des habitants, des étrangers, des artistes… Il s’agit d’étudier les contextes et enjeux de  construction  de  ces  images,  en  questionnant  notamment  les  choix,  les  intentions,  les objectifs ainsi que les discours, explicites ou implicites, qui y sont associés.Ouvert à tous, le colloque s’adresse principalement aux jeunes chercheur-e-s et se place dans une perspective comparative et de pluralité scientifique.

 Programme du colloque disponible sur : imago.hypotheses.org/188

Informations pratiques :

les 2 et 3 février 2017, à la Maison Internationale des Langues et Cultures (Université Jean Moulin Lyon 3) – 35 rue Raulin, 69007 Lyon

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (inscription nécessaire)

Inscription sur imago2017.sciencesconf.org

Contact : imago.ville@gmail.com

Appel à comm de l’Association des Doctorant-es Toulousain-es en SIC (ADT-SIC)

L’association des Doctorant-es Toulousain-es en SIC (ADT-SIC) souhaite vous transmettre l’appel à communication pour la prochaine édition de son « Séminaire annuel des Doctorant-es en SIC » qui aura lieu le vendredi 24 mars 2017.
Les propositions de communication (4000 signes max, espaces comprises, hors bibliographie) sont à envoyer d’ici le lundi 14 novembre 2016 à l’adresse e-mail suivante : adtsic@gmail.com

Vous trouvez l’appel à communication ci-dessous :

aac-2017-seminaire-annuel-des-doctorant-es-en-sic

Compte rendu de la première séance du Séminaire du Lemme : « La médiation et la fabrique de l’écart »

Nous avions signalé dans un précédent billet la première séance du séminaire du Lemme, qui s’est tenue le 4 mars dernier à Liège. Certains d’entre nous regrettaient de ne pouvoir s’y rendre. Thomas Franck, qui a participé à cette séance, nous a proposé le texte de son compte rendu, que nous reproduisons ci-dessous en intégralité (nous avons ajouté les différents liens), en le remerciant vivement pour ce partage.

FRANCK Thomas*
Compte rendu de la première séance du Séminaire du Lemme : « La médiation et la fabrique de l’écart »

La séance du Lemme consacrée aux rapports entre les notions d’écart et de médiation s’est ouverte sur une introduction de Christine Servais – directrice du Lemme et professeur au Département des Arts et Sciences de la communication de l’Université de Liège – mettant en avant l’hypothèse paradoxale d’une médiation considérée à partir d’un a priori consensuel d’harmonisation en même temps qu’elle reste fondée sur la nécessité d’un écart. Suivant la distinction opérée par Lyotard (« Judicieux dans le différend ») entre passage et forçage, elle estime que la médiation est un outil apte à opérer cette distinction, ce qui permet de prendre en compte sa dimension politique. Notant l’importance du lien entre un sujet et sa communauté, au détour d’un commentaire de Kant, Christine Servais a d’emblée interrogé le rapport au collectif, à la polis, que pose un individu créateur d’écart (par la subversion du dispositif de médiation). Si Rancière a bien relevé que l’expérience artistique était dépendante d’un médium à l’origine de la perception sensible, il est en même temps utile d’évoquer les possibilités d’une « mésentente » liée à l’interprétation créatrice du récepteur ainsi que de l’éventuelle constitution d’un écart à l’intérieur du processus de médiation.

Professeure en Information et Communication à l’Université Lyon II et membre du laboratoire ELICO, Julia Bonaccorsi a proposé une réflexion à partir du « sens collectif de l’écran dans la ville » dans un questionnement de l’espace public et de ses modes de spectacularisation de la culture écrite. À la suite d’une réflexion à propos des travaux d’Habermas, la chercheuse a entendu investiguer la propension critique du spectateur-acteur dans la ville, notamment via sa puissance d’altération et de subversion du discours urbain, dans une attention toute particulière à l’identité collective des individus. L’étude de productions médiatiques dans la ville pose d’emblée la question du rapport à l’espace dans sa dimension collective, du rapport d’un sujet à son organisation sociale. Celle-ci est en effet intrinsèquement modifiée par une série de pratiques numériques et communicationnelles motivées par des prétentions à l’avènement d’une ville dite intelligente. Cette ville devient dès lors un véritable lieu de mise en scène et de narrativisation de soi à destination d’un consomm’acteur placé, non sans quelque stratégie de séduction, au cœur du dispositif communicationnel. L’une des intentions de Julia Bonaccorsi était d’interroger les effets de sens politiques qui se créent à partir de cette propension de l’espace urbain à se réfléchir au travers de la production de représentations diverses. En interrogeant la sémiotique propre de l’écran en tant que dispositif bouleversant la culture de l’écrit dans l’espace urbain, elle a proposé une lecture mettant en lumière certains enjeux économiques et politiques camouflés derrière la présence d’écrans dans les villes. L’écriture urbaine et son processus de mise en visibilité sont en effet toujours le lieu d’enjeux politiques, à la croisée d’intérêts privés et publics, significatifs en ce qu’ils disent d’une certaine conception de la parole au sein de la cité.

Julia Bonaccorsi a ensuite proposé trois exemples d’écart (celui d’une panne d’écran, d’un faux écran numérique et d’un barbouillage) mettant au jour la particularité d’une médiation et, partant, d’une certaine politique de l’écrit. Face à la présence surplombante d’un sur-énonciateur anonyme et polyphonique au cœur même de la ville, les récepteurs de ces énoncés peuvent, certes difficilement, mettre en œuvre des attitudes critiques – la chercheuse l’a montré au travers du barbouillage sur lequel François Provenzano reviendra. Toutefois, la possibilité d’une subversion du dispositif écran est limitée par l’invisibilité de l’instance énonciative productrice du discours. Cette communication a su, selon nous, mettre en lumière, d’une part, la complexité d’un phénomène de brouillage énonciatif – et, par là-même, idéologique – propre à l’écran urbain et, d’autre part, les difficultés liées à la possible subversion de ce dispositif.

Dans un prolongement de ces réflexions, il serait intéressant de questionner les notions de storytelling et de contre-storytelling en lien avec la mise en narration de la ville elle-même. En effet, ces notions permettraient de questionner une série d’intentions idéologiques liées à la spectacularisation d’une société, au processus d’aliénation induit par la réduction du citoyen à un consommateur de discours imposés ou encore à la privation de parole de certaines minorités urbaines – par ailleurs à l’origine de contre-storytelling, de pratiques contre-narratives.

Dans un deuxième temps, François Provenzano, chargé de cours en Sciences du langage et Rhétorique de l’Université de Liège, a développé une réflexion autour d’une communication intitulée « Le sens de l’écart. À partir du barbouillage ». Dans une véritable continuité de la précédente intervention, il a questionné les formes possibles de résistance et de conflictualité au travers de la culture écrite en contexte urbain. Dans une analyse des propriétés sémio-pragmatiques de plusieurs pratiques de barbouillage, il était question de mettre en lumière une certaine conception rhétorique du sens de l’écart en fonction de l’effectivité de ses pratiques et de leurs effets, notamment politiques et juridiques. Suivant trois types d’écart, formel, pragmatique et institutionnel, le barbouillage interroge la médiation de l’écrit – principalement de la publicité – au sein de la ville, plus encore que le contenu du message véhiculé. Après avoir proposé un état de l’art au détour de travaux de Jean Baudrillard, Justine Simon, Stéphanie Kunert et Aude Seurrat, le chercheur a déplacé la perspective d’une critique du message publicitaire vers une critique du contrat communicationnel propre à l’affichage publicitaire urbain. Le barbouillage, en s’affichant sur les sites du discours publicitaire, cible l’affichage en tant que médium et tente d’en subvertir, voire d’en anéantir, les codes. Loin d’être un concurrent du discours publicitaire, comme c’est le cas du détournement, le barbouillage se pose comme transgression en-soi par un individu ou par un groupe de citoyens de l’acte communicationnel.

S’attardant sur plusieurs exemples de cette pratique, François Provenzano a montré en quoi cette subversion, en plus d’attaquer la forme et le medium mêmes de la publicité, s’inscrit dans une transgression de la dimension énonciative et rhétorique de celle-ci. En effet, contre le caractère monologal que pose a priori l’affiche publicitaire, la réponse du barbouilleur est l’affirmation d’une altérité énonciative en même temps qu’une exposition de l’absence de dialogue inhérente à la publicité (dans un espace urbain où la délibération n’a pas lieu d’être).

Cette analyse du phénomène de barbouillage a ensuite amené le communiquant à questionner les réactions politiques dans une comparaison de deux décisions judiciaires opposées, celle du tribunal de Tours et celle du tribunal de Paris. Si le premier a opté pour une condamnation des barbouilleurs (invoquant les motifs de la dégradation matérielle), le second a relaxé les intéressés (dans une volonté de questionner les rapports entre intérêts privés et publics, entre contrainte imposée par la publicité et liberté d’expression, entre incitation dangereuse et enjeux collectifs). L’intérêt de la décision du tribunal de Paris réside dans la reconnaissance de l’espace public en tant que lieu de délibération.

À la suite de cette réflexion, nous souhaiterions poursuivre celle-ci en posant plusieurs questions : cette reconnaissance d’une rhétorique délibérative n’est-elle pas une façon d’instituer le contre-discours des barbouilleurs en lui faisant perdre sa dimension contestataire ? N’est-elle pas un moyen de nier la conflictualité induite par le barbouillage en le reconnaissant comme parole au même titre que la publicité (alors qu’il en est justement une contestation) ? Le choix d’une rhétorique délibérative n’est-il pas, de manière perverse, une volonté politique d’intégrer un discours en le cadrant juridiquement tout en déforçant sa dimension polémique et idéologique ?

La matinée s’est clôturée sur une série de réflexions portant notamment autour de cette question de la rhétorique délibérative. Julia Bonaccorsi, dans un échange avec François Provenzano, a évoqué la difficulté d’une délibération en raison du dispositif même de l’écran, dans une relation asymétrique et monologale. Jeremy Hamers a relevé les problèmes liés à l’interprétation que pose tout récepteur face à un écart, mobilisant un ensemble de compétences médiatiques et culturelles. Il a aussi mis en avant l’importance d’une étude des barbouillages en tant que montages discursifs où plusieurs discours – ainsi que plusieurs énonciateurs – se superposent. Christine Servais a rappelé le caractère pervers et aliénant d’une mise en avant du consomm’acteur à des fins commerciales, lui donnant l’illusion d’assumer un rôle dans la cité tandis que toute décision lui est étrangère. Dans un échange avec Pierre-Yves Hurel autour de la thématique du jeu, François Provenzano a défendu que, contre la dimension ludique de la publicité, le barbouillage serait en quelque sorte un retour au sérieux, rompant avec le jeu que la publicité, comme le détournement, participe à reproduire.

Pour clôturer cette première journée de Séminaire, Emilie Da Lage et Marion Dalibert – toutes deux maîtres de conférence en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Lille 3 et membres du GERICO – ont proposé une communication intitulée « Raconter l’histoire en morceaux d’un quartier populaire » qui étudiait une expérience d’écoute littéraire urbaine. En collaboration avec la maison d’édition Contre-allée et la musicienne Laure Chailloux, l’auteur Lucien Suel a pu développer une technique de mise en récit du quartier populaire de Fives. À partir d’un dispositif audio permettant à des touristes de découvrir la ville tout en écoutant son esthétisation littéraire (le texte de Suel, D’azur et d’acier, a été écrit à la suite de la découverte du lieu par l’auteur), les deux chercheuses ont pu observer des pratiques singulières de déambulation urbaine dans un quartier où le paysage industriel en friche est le centre de l’attention. Cette forme de tourisme industriel au sein d’un quartier populaire a suscité une série de problèmes pratiques et de questionnements théoriques sur lesquels nous reviendrons en guise de prolongement de ces réflexions. Emilie Da Lage et Marion Dalibert ont par exemple fait part de réactions tantôt dangereuses dues à l’inattention des promeneurs, tantôt de peur face à la présence de populations que les flâneurs jugent comme « insécurisantes ». Grâce à la mise en œuvre de ce dispositif particulier, la ville est perçue au travers d’une expérience sensible inhabituelle créée par une forme d’écart par rapport aux traditionnelles narrations de la ville. Cette esthétique du fragment permet une distance réflexive par rapport au lieu parcouru, obligeant le promeneur à articuler diverses expériences, esthétiques, historiques, physiques, voire politiques. Marion Dalibert a insisté sur le fait que la vie du quartier pouvait « perturber » l’expérience esthétique, créant un sentiment d’insécurité chez les touristes industriels tout en les faisant changer d’itinéraire. L’intervenante a mis en lumière une certaine forme de violence symbolique vécue par les habitants confrontés à la présence de visiteurs issus d’horizons sociaux et culturels différents.

Cette expérience a soulevé une série de questions que nous voudrions problématiser comme suit : bien plus qu’une violence symbolique due à une forme de distinction sociale, la présence de visiteurs – pouvant être perçus comme touristes industriels – davantage intéressés par les ruines d’une usine que par la vie réelle de populations marginalisées – celles-ci pouvant d’ailleurs déranger l’expérience esthétique – donnent parfois naissance chez ces populations à une véritable forme d’exclusion physique et socio-culturelle. Certains ouvriers ou anciens ouvriers interrogés ont d’ailleurs déclaré ne pas comprendre l’esthétisation d’une réalité qu’ils ne connaissent que trop bien, preuve que la démarche littéraire ne correspond pas (ou peu) à leur expérience vécue du quartier. Bien plus, cet acte littéraire (de même que la flânerie) semble peu questionné en tant que distinction symbolique et culturelle entre une certaine classe sociale intéressée par un tourisme industriel, pouvant être conçu comme une forme d’exotisme (à l’exception des visiteurs issus du monde ouvrier), et une population relativement indifférente face à la mise en scène de son quartier. L’exemple de touristes changeant de chemin en présence de « jeunes de banlieue » illustre une radicalisation de leur exclusion, ceux-ci étant délaissés au profit d’une spectacularisation d’une friche d’usine qu’ils fréquentent quotidiennement – celle-ci représentant pour eux non une lutte ouvrière fantasmée mais un rappel de la friche économique dans laquelle ils évoluent. Deux regards antagonistes semblent donc en présence dans cette expérience de mise en discours d’un quartier populaire : le regard du touriste industriel avide d’esthétisation d’une réalité sociale et le regard des populations locales (anciennement ouvrières ou marginalisées) face à cette nouvelle communauté par rapport à laquelle elles n’ont aucun droit de parole ni de regard. Il est évident que les difficultés que nous évoquons ici sont inhérentes à une forme d’état des lieux dont les chercheuses, tout comme les organisateurs de ce projet, ne sont pas maîtres, celles-là étant en effet bien conscientes des risques de stéréotypie et des facteurs déterministes à l’œuvre dans le processus.

Cette journée aura permis une très riche réflexion autour des rapports entre médiation et écart, dans une constante attention aux pratiques urbaines et à leurs réceptions ainsi qu’à leurs effets politiques (c’est cette dimension que nous avons tenté de retranscrire et de poursuivre). De la panne d’écran à l’esthétisation des quartiers péri-urbains, en passant par les pratiques subversives de barbouillage, les chercheurs ont su montrer l’intérêt d’une analyse interprétative des pratiques contemporaines d’écarts discursifs et communicationnels en milieu urbain.

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*Chercheur doctorant en Langues, Lettres et Traductologie dans le service de Sémiotique et Rhétorique/Philosophie à l’Université de Liège et membre du Groupe de Recherches Matérialistes, Thomas Franck travaille actuellement sur la rhétorique des revues de l’immédiat après-guerre (1945-1949) dans le cadre d’un projet de recherche intitulé « Genèse et actualités des humanités critiques ». Détenteur d’un master en langues et littératures françaises et romanes à l’Université de Liège et d’une agrégation à la Haute École Charlemagne, il a présenté un mémoire consacré à l’influence de la phénoménologie sur le roman existentialiste et le Nouveau Roman, centré sur la thématique du corps (sous la direction de Benoît Denis). Ses recherches portent principalement sur les rapports entre philosophie, littérature et politique au XXe siècle et s’inscrivent dans une triple perspective méthodologique : l’analyse du discours social, l’étude rhétorique et stylistiques des textes, la sociocritique.